Randonnée (sentier de montagne, parfois étroit et exposé)
Randonnée alpine (passage équipé ou très exposé, névé, blocs)
R134
Maljasset » Chiappera
Croisement d'itinéraire
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4h50 |
15.3 km
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798 m
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1090 m
Peu après le départ de Maljasset, l’itinéraire bifurque vers l’est dans le vallon herbeux de Mary pour atteindre le col du même nom qui s’ouvre vers l’Italie. Le sentier descend la vallée de Maurin, passe à hauteur du petit lac de la Sagna et rejoint, au fond de la vallée, le hameau de Chiappera, à proximité de l'imposante Rocca Provenzale.
En remontant le cours d’eau au départ de Maljasset, on croise l’église classée St-Antoine-de-Maurin construite au XIIIe siècle au beau milieu des prairies. Elle est détruite par une avalanche en 1531 pour être rénovée par la suite en marbre rose de Guillestre (calcaire bariolé rose et rouge). Seule une typique chapelle alpine lui est attenante, chaque hameau possédant la sienne. De nombreuses croix de mission en mélèzes encadrent ensuite le sentier, en souvenir des rares cérémonies que donna un prêtre venu pour baptiser ou confesser en série les habitants de ces contrées isolées.
Avant de s’engouffrer dans le vallon de Mary (éthymologiquement « mauvais »), quelques restes d’une carrière de marbre vert (serpentine veinée de calcaire blanc) sont visibles au cœur des bois. Exploitée de 1838 à la Seconde Guerre mondiale, la serpentinite fut utilisée pour de nombreux édifices, tel les marches de l’opéra Garnier ou les socles des réverbères de la place de la Concorde, à Paris.
Débute alors l’ascension du vallon, orné d’une croix de Passour qui rappelle un des signes de la Passion du Christ, jusqu’au col de Mary. Les bergeries se succèdent les unes aux autres, aux pieds des aiguilles rocheuses magmatiques, de vert sombre à orange. Celle de la Pierre André, en quartzite, se dresse d’ailleurs en souvenir du berger qui l’a gravit pour la première fois. Son profil en fait toujours un haut lieu de l’escalde moderne malgré sa hauteur somme toute modeste. Le passages des troupes et de leurs canons au temps des conflits franco-italiens, puis les troupeaux de moutons, ont façonné ce vallon large et herbeux.
C’est par ici que l’on aperçoit une particularité géologique étonnante. Entre les célèbres Aiguilles de Chambeyron rosâtres et le Brec de l’Homme, on rencontre des glaciers rocheux (34 encore actifs en Ubaye), glaciers recouverts au fil du temps par des couches importantes de roches, sous forme de bourlets d’éboulis calcaires qui paraissent couler comme de la lave. Ce phénomène est particulièrement visible au pied du versant nord de l’Aiguille du Chambeyron, là où les éboulis rocheux du glacier du Marinet viennent presque se jeter dans des lacs vert émeraude du même nom.
En laissant de côté cette particularité que l’homme a mis des années à expliquer, le sentier parvient au col Mary, où se cache une véritable boîte aux lettres que chacun peut remplir, ou vider pour amener les lettres à la poste la plus proche… Cette tradition toujours d’actualité a le mérite de perpétuer les échanges franco-italiens et de confirmer la proximité géographique des deux pays.
La Via Alpina en a d’ailleurs bénéficié l’année de son inauguration, en 2002 : le facteur français est monté jusque-là pour récolter les lettres amenées par les deux délégations françaises et italiennes qui s’étaient donné rendez-vous sur le col pour célébrer cet événement ! (Sara Zeidler, Gilles Chappaz, Grande Traversée des Alpes)
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