Randonnée (sentier de montagne, parfois étroit et exposé)
Randonnée alpine (passage équipé ou très exposé, névé, blocs)
R133
Ceillac » Maljasset
5h30 |
12.7 km
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1088 m
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829 m
En quittant Ceillac, la Via Alpina rallie le GR® 5 pour atteindre, dans un premier temps, le lac Miroir puis le grand lac Ste Anne au pied des pics de la Font-Sancte. L’itinéraire monte ensuite au col Girardin, frontière du parc naturel régional du Queyras. La descente sur le versant Ubaye, plus minéral, amène, après avoir quitté le GR® 5, au hameau traditionnel de Maljasset, point d’étape.
Entre Queyras et Ubaye, l’itinéraire est utilisé par l’homme depuis longtemps, Ceillac et le hameau de Maljasset étant reliés par une foi et un travail communs.
Au sortir de Ceillac, le GR® 5 remonte le vallon du Mélézet au cœur d’une forêt de mélèzes dont les lieux, le torrent et le camping tirent leur nom. Les oratoires, sites de prière furtive pour les passants, agrémentent le parcours. Le sentier prend de la hauteur et contourne la cascade de la Pisse, chute d’eau majestueuse de 280 m de haut. C’est en longeant son torrent exutoire que le lac Miroir apparaît, dans lequel se mire le pic de la Font Sancte avec ses glaciers rocheux (glace recouverte de mètres d’éboulis). En passant sous un téléski de la station-village de Ceillac, inaugurée en février 1969, le sentier parvient au lac Ste-Anne, patronne des marins. Deux enfants s’y seraient aventurés en radeau et, bloqués en son milieu, les parents pris de frayeur auraient imploré cette sainte. La brise les ramena alors et on érigea au beau milieu de ce cirque de montagne une chapelle en son honneur, détruite en 1918 par une avalanche et reconstruite en 1920. Cette sainte dispensatrice de la pluie est aussi sollicitée lorsque la sécheresse vient à ravager les récoltes. Un pèlerinage est organisé chaque année dans ce but (le 26 juillet) et rassemble gens de Ceillac, côté Queryas, et de Maurin, côté Ubaye. Ils s’échangaient dans le temps semences et seigle pour varier les productions, et aujourd’hui récits et mets divers (fromage bleu de Ceillac et beignets de Maurin).
Le col Girardin marque la sortie du parc régional et l’entrée dans l’Ubaye. C’est un point stratégique d’observation : vers l’est, au pied de la Tête de Girardin, le poste optique de la Favière a été implanté en 1901 pour transmettre les messages lumineux codés en morse. Il est devenu ensuite site d’astronomie, puis refuge précaire pour les randonneurs. La vue panoramique qu’offre ce col explique le choix de cet d’emplacement : la vallée de la Haute-Ubaye, rattachée définitivement au royaume de Provence en 1713 par le traité européen d’Utrecht, se développe vers l’est, la vallée du Queyras vers l’ouest. Vers Maljasset, « mauvais gîte » en patois du fait des risques d’avalanches et de crues, le chemin se raidit sur un ubac rocailleux. L’endroit se nomme les Bachasses, du nom des fontaines taillées dans le mélèze, matériau de prédilection pour nombre de sources ou d’abreuvoirs à moutons.
Les trois hameaux de ce vallon dénommé « de Maurin » (maure = noir, sombre) sont disposés le long de l’Ubaye, torrent de 80 km qui relie le col du Longet, franco-italien, au lac de Serre-Ponçon : La Barge, en aval, avec son architecture typique en pierre et lauzes (contrairement au Queyras où le mélèze et le pin cembro priment), Maljasset, mélange de maisons secondaires et d’auberges, et Combe-Breymond en amont. Les chapelles et croix de mission sont nombreuses, signe de l’hostilité du milieu que seule la foi et le mysticisme permettaient de surmonter. (Sara Zeidler, Gilles Chappaz, Grande Traversée des Alpes)
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