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R131
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Mont-Dauphin (Guillestre) » Refuge de Furfande
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Peu après Mont-Dauphin, la Via Alpina traverse le village d’Eygliers et rejoint le GR® 541 en direction du parc naturel régional du Queyras. Après avoir passé le point culminant situé au col Garnier, le sentier descend vers le refuge de Furfande, au milieu des alpages du même nom et situé également sur le GR® 58 Tour du Queyras.
Patrimoine naturel et culturel
En quittant la vallée de la Durance, l’itinéraire rejoint le parc régional du Queyras, union des 8 communes depuis 1977 autour d’une volonté d’un développement respectueux de l’environnement.
A l’est de Montdauphin, se dévoile Eygliers, hameau d’estive des paysans de la vallée. L’église St-Antoine, archétype du style roman-lombard du XVIe s, trône au cœur du village et remémore à chacun, grâce aux multiples fresques, la légende des pèlerins de St Jacques-de-Compostelle : un jeune homme est accusé à tort de vol par la serveuse d’une auberge dont il avait refusé les avances. Il est pendu, au désespoir de ses parents qui passent le reste de leur périple à prier. A leur retour, ils croisent leur fils ressuscité et épris de vengeance. Une ancienne voie romaine relie la Font-d’Eyglier à son chef-lieu et laisse imaginer l’itinéraire des troupes romaines parties à la conquête de l’Italie. Les villages et les axes de communication sont à l’époque établis sur les crêtes pour éviter les dégâts des eaux et bénéficier d’une vision panoramique « stratégique ». Ainsi, visible ainsi en contrebas et découpé par les eaux du Guil dans la moraine fossile du glacier de la Durance, le plateau de Guillestre, anciennement dit « des mille vents », est occupé rive gauche par le village homonyme, et rive droite par le fort de Mt-Dauphin. Quelques vignes, dont les propriétaires vivaient à Ceillac ou à Vars, ont tenté de pousser par là, irriguées par les multiples sources captées. Mais l’altitude a enrayé cette ambition.
Peu après, c’est le début des gorges abruptes du Guil, que le sentier surplombe pendant quelques temps, à l’ubac de la maison du Roy, ainsi dénommée du fait de sa position stratégique et d’un passage répertorié de Louis XII.
Le sentier s’enfonce plus franchement au cœur des bois de la Sufra, mélange de mélèzes et pins, pour franchir ensuite le col Garnier, rare col large et herbeux, frontière traditionnelle entre Eygliers et Arvieux (du latin arvum= labour), donc source de conflits récurrents sur la propriété de cette aire de pâture. C’est un peu en contrebas que les chalets de Furfande perpétuent la tradition agricole du Queyras (fête des alpages le 1er dimanche après le 15 août). En ce lieu, la vie pastorale des Arvidants (habitants d’Arvieux) fut longtemps basée sur l’élevage bovin (la Tarentaise, vache de couleur fauve et uniforme, et l’Abondance, acajou avec une tête blanche), de la production (élevage et fenaison) à la transformation puis la vente. Ces prairies exceptionnellement fleuries sont toujours lieu d’amontagnage en juin. Et la fromagerie d’Arvieux est toujours célèbre pour ses spécialités queyrassines.
Le refuge de Furfande, ancien chalet d’alpage lui-même, est établi au pied du col du même nom, passage muletier entre la vallée du Guil et le bassin d’Arvieux. La dent de Ratier dresse vers l’est sa forme typique et la crête de Croseras se fait protection des vents de ce cadran du ciel.
(Sara Zeidler, Gilles Chappaz, Grande Traversée des Alpes)
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Dernière mise à jour : 16/02/2011
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